BIOGRAPHIE
Stefan Hertmans est considéré comme l'un des intellectuels flamands les plus importants, tandis que son œuvre, qui passait au début pour trop cérébrale, s'impose comme l'une des plus pénétrantes de sa génération. Lecteur de Celan, de Benn, de Rilke, de Trakl, de Valéry aussi, dont il admire l'incessante méditation, il a évolué d'un postmodernisme désengagé à une réflexion en prise directe sur l'actualité: ses essais portent sur la guerre en Bosnie, le fondamentalisme, le mensonge du monde dit libéré des idéologies, les paradoxes de la pensée "correcte" (Fuga’s en pimpelmezen, Amsterdam 1997).
Mais Hertmans reste avant tout un lecteur fasciné, qui écrivait aussi passionnément sur des artistes contemporains belges comme Jan Fabre ou Thierry de Cordier, la musique de Paul Hindemith, Igor Stravinsky, Dimitri Chostakovitch, Leos Janacek ou Arthur Honegger; la position précaire d'intellectuels comme Bernard-Henri Lévy, Georges Steiner ou Régis Debray; les œuvres de Jorge Luis Borges, Paul Celan, Catherine Pozzi, Marguerite Duras, Samuel Beckett ou de Thomas Mann; la pensée de philosophes comme T.W. Adorno, Walter Benjamin, Peter Sloterdijk e.a. (voire bibliographie wikipedia, pages néerlandophones).
Ses poèmes (onze volumes à l’heure actuelle) ont été accueillis aux Pays-Bas comme en Flandre comme les plus importants de sa génération (nomination Prix VSB Amsterdam en 1995 et 2000, prix de la Communauté flamande en 1996). Ses poèmes complets, plus de 800 pages, ont été publiés chez De Bezige Bij en 2005 (Verzamelde gedichten 1975 – 2005).



Sa première pièce de théâtre, Fontanelle,(1992) marquait le début d'une nouvelle génération d'écriture actuelle et contemporaine pour le théâtre en Flandre, qui rompait avec le naturalisme et se réclamait de l'héritage de Beckett, Heiner Müller, Peter Handke et Botho Strauss, mais aussi bien de la poésie de Hölderlin et de Paul Celan.
Ses récits réunis dans Nuages coagulés (1987) et Les Frontières des déserts, (1989) laissent place aux fantasmes, aux dérapages du réel, mais ils font également montre d'une manifeste indifférence aux impératifs du naturalisme flamand, au profit d'une cohérence allégorique et sémiotique, que l'on a pu qualifier de rimbaldienne - une démarche qui marque profondément son roman le plus connu en Flandre, Naar Merelbeke, (À Merlebecque, 1994, nomination Prix Libris) que l'auteur lui-même a qualifié de "mensonge autobiographique". À Merlebecque est tout à la fois une miniature de la recherche proustienne, une parodie sur le roman flamand des racines et de la terre, et un jeu subtil avec l'œuvre de Gustave Flaubert et la philosophie de Jacques Derrida.
Son recueil d’essais de voyages, Steden, verhalen onderweg, a été salué en 1998 comme l'un de ses textes les plus accomplis. Il y décrit les expériences d'un intellectuel de notre temps dans des villes aussi différentes que Sydney, Dresde, Trieste, Vienne, Marseille, Tübingen et Amsterdam. Le livre se lit comme un plaidoyer pour une Europe ouverte et multiculturelle, mais avec un grand respect pour le passé et les leçons de l'histoire du vingtième siècle. Il a été traduit en anglais sous le titre Intercities (Reaktion Books London 2000), et est en cours de traduction en allemand (Vienne, Wiener Broschüren). Publié en français aux éditions du Castor Astral en décembre 2002 sous le titre Entre Villes, cet ouvrage a reçu le Prix de la Ville à Lire, France culture 2003. Traduction espagnole chez Pre-Textos, Madrid, oct. 2003.



D’autres textes ont été traduits en espagnol, en italien, en croate, en allemand (Kopfnaht, Fischer Verlag, Amselbach, (trad. Naar Merelbeke), Aufbau Verlag, Leipzig; Scardanelli, poèmes, Athena Verlag), en anglais (Intercities, Borders of deserts) en russe et en bulgare. Anthologie de poèmes chez Calima, Valencia (trad. J.L. Reina Palazon).
Stefan Hertmans a été écrivain en residence à Vienne, Porto, Londres, Leipzig, Washington D.C. (conférence à la Congress of Library 1998), Adelaide (Australie, Writers Week 1996), et il a participé aux différents festivals internationals comme ceux de Struga, Poetry International Rotterdam, Berlin, Medellin Colombia, Mangalia (Roumanie), Mexique etc. Il a pris part à la manifestation Les Belles Étrangères en France, mai 1999. Hertmans était le premier auteur flamand a résider dans la villa Yourcenar.
Hertmans publia son deuxième texte de théâtre en octobre 2000.
Pour le Kaaitheater, Bruxelles, Bruxelles 2000 et le Toneelgroep Amsterdam, il a écrit trois monologues sur les "femmes grècques" (Antigone, Médée et Clytemnestre), dont le titre est Mind the Gap. La pièce est montée en novembre 2001 par l’un des plus importants metteurs en scène hollandais de notre époque, Gerdardjan Rijnders, dans une production du Kaaitheater en collaboration avec le Toneelgroep Amsterdam. Il écrit encore une troisième pièce de théâtre, La Mort d’Empédocle, dernier volet de ce triptyque "hölderlinien" qui était accompagné de différents essais et de réflexions sur Hölderlin, Paul Celan, etc. Une traduction de son monologue Antigone a été présenté sur le Festival d’Avignon 2006.
Un deuxième roman, Als op de eerste dag, a été accueilli comme la suite réussie de son roman A Merlebecque. Nomination pour le Prix AKO 2001, Prix Bordewijk 2002 de la Jan Campertstichting (La Haye, Pays Bas). Ce roman a été publié en traduction française chez Ed. Christian Bourgois (Comme au premier jour) et a été acceuilli, e.a. dans Libération, comme une oeuvre d’importance littéraire.
Un grand recueil d’essais, Het Putje van Milete, paraît en 2002 – essais sur e.a. Martin Walser, Peter Sloterdijk, Heidegger, Adorno, Borges, Beckett, etc), ainsi qu’un livre sur l’œuvre artistique de Jan Fabre, Engel van de metamorfose. Ce livre a été publié en version française sous le titre L’Ange de la métamorphose chez L’Arche, Paris. Le titre de cet essai servait Jan Fabre comme titre de sa grande exposition au Louvre en 2008.
Le paradoxe de Francesco, récit avec poèmes, était publié 2004 (Le castor astral, Bordeaux). Ce livre est composé de récits, d’essais et de poèmes. Stefan Hertmans dévoile ici son côté le plus intime en le projetant sur d’autres figures de l’histoire de l’art. Sensuel, affectueux et caustique, il fait de Pétrarque son contemporain et se glisse dans la vision de Cézanne, la folie de Nijinski, les méditations d’un promeneur solitaire dans le Vaucluse. Néanmoins, sa démarche n’est jamais encyclopédique, mais radicalement existentielle; pour l’écrivain, l’art est un mode de vie, pas une théorie. Stefan Hertmans nous ouvre l’atelier de l’artiste: grâce à des récits, des notes et des réflexions proposées en regard des poèmes, il nous guide dans la beauté labyrinthique et obstinée de son univers.
En 2007, suite à une visite au Foire du Livre à Montréal, Stefan Hertmans a été invité à établir une correspondance avec l’auteur québecquois Gilles Pellerin. Dans ce très beau petit livre, les deux auteurs réfléchissent sur les cultures bilingues, les tensions et les avantages d’un bilinguisme, d’une culture ouverte au monde d’aujourd’hui (Lumières du Nord, Ed. L’Instant meme, Québec 2007).
Stefan Hertmans s’est manifesté plusieurs fois dans les médias flamands conçernant les malentendus communautaires en Belgique. Il tient un playdoyer pour une culture radicalement bilingue des deux côtés, pour ce qu’il appelle une culture de politesse, d’honnêteté, de respect mutuel et d’intégration.
Les livres de Stefan Hertmans sont publiés par la célèbre maison d'édition De Bezige Bij à Amsterdam. Contact: h.deinum@debezigebij.nl
© Foto Klaas Koppe
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